Maria Fernanda Ordoñez Pinzon

Parafernalia

Performance, Marionnettes

TU - Théâtre de l’Usine 2024, Genève, Suisse.
16 au 19 mai 2024
90 minutes

Concept, texte, jeu, production
Maria Fernanda Ordoñez

Création lumière
Jean Sottas

Création vidéo et sous-titres
Jonas Van Holanda et Juno B

Accessoires et maquillage
Marlène Charpentié

Création costumes
Andres Felipe Rodriguez

Regie video
Mohamed Maye

Regard extérieur
Rubi Cortes Santander

Création son
Anita Kirppis

Administration
ARROI - Julie Marmet

Photos
eden levi am

Accompagnement à la mise en scène
Kelly Natalia Coca Peña

Assistante organisation
Audrey Ramos

Danse
Valeska Romero
Raquel Fernandez

Co-production
TU – Théâtre de l’Usine

Avec le soutien de la Loterie romande, Artlink - Fonds culturel Sud, Pro Helvetia, la Ville de Genève (atelier MCG5), la Fondation suisse des artistes interprètes SIS et la Fondation ERNST GÖHNER STIFTUNG.

Remerciements :

Paula Andrea Castro
Catol Teixeira
Thulu Barbaran
Jonathan Mardones

Entrez dans Parafernalia, une tragi-comédie clownesque aux fortes doses mélancoliques. Dans un voyage turbulent, Maria Fernanda Ordoñez mêle célébrations pompeuses, catharsis vengeresses et doux boléros d’amour pour embrasser la nostalgie de la vie. Elle y incarne une passagère complètement désorientée, bousculée par les interférences d’âmes en peine. Entre le clown contemporain et le théâtre de marionnettes, elle nous raconte avec sincérité, poésie et autodérision le transit migratoire et la négociation des états de perplexité qui en découlent. Pour vous, Parafernalia sortira le grand jeu, sans en avoir les moyens, et vous offrira une séance fantasmagorique, un regard périphérique, un bureau d’allègement du transit.

Soyez les bienvenus dans ce voyage légèrement turbulent. Préparez-vous à de fortes doses de mélancolie. Attachez bien vos ceintures. Accrochez-vous à votre corps, car c'est tout ce qui vous accompagne, et agrippez-vous où vous pouvez, car de subtils et bruyants bouleversements vous rongeront les entrailles et vous laisseront avec un léger sentiment de dégoût de l’existence.

Le mot Parafernalia se traduit en français par « Attirail ». Il désigne un ensemble d’éléments rituels ou décoratifs qui entourent un acte ou une personne, souvent avec une connotation péjorative. Dans la pièce, ce terme renvoie au poids social, administratif et parfois strident que peut porter une personne en situation de migration, mais aussi à une idée de débordement, de célébration et d’extravagance, comme un élan qui surgit lorsqu’il n’y a plus rien à perdre.

LUMIÈRE

En collaboration avec le créateur lumière et électronicien Jean Sottas, le travail de la lumière s’est construit autour de l’obscurité, de faibles luminiscences et d’une atmosphère fantasmagorique. Inspiré par le plancton luminescent et les lucioles, le dispositif combinait bandes phosphorescentes et lampes de poche, créant des effets d’apparition et de spectralité en dialogue avec les vidéos sous-titrées. La conception lumineuse permettait également de préserver la visibilité des projections tout en révélant progressivement les différents espaces scéniques. Les couleurs de lumière répondaient aux palettes visuelles des costumes et des vidéos. Jean Sottas a par ailleurs collaboré à la création d’un chapeau lumineux autonome intégré à l’entrée de la pièce ainsi qu’à une ambiance lumineuse installée dans le foyer comme prélude à l’expérience scénique.

VIDÉO - SOUS-TITRES

En collaboration avec les artistes Jonas Van Holanda et Juno B les vidéos sous-titrées ont été conçues comme une présence vivante au sein de la pièce, à la fois outil de traduction, vecteurs de parole, espace de sous-texte et élément scénographique. À partir de références visuelles, d’images et de directions esthétiques partagées par Maria Fernanda. Les sous-titres apparaissaient en français lorsque l’espagnol était parlé, et inversement, permettant de jouer avec les sonorités des voix, les écarts de traduction et l’apparition de commentaires plus subtils. L’univers visuel des vidéos mêlait créations 3D, vidéos en négatif, textures organiques, figures inspirées des lucioles et d’autres formes de luminescence, prolongeant l’atmosphère fantasmagorique de la pièce et dialoguant avec la lumière et la scénographie

https://kadist.org/people/jonas-and-juno-van-and-b/,

ACCESOIRES ET MAQUILLAGE

L’artiste visuel et performeur Marlène Charpentié a collaboré à la création de la scénographie, des accessoires et du maquillage, ainsi qu’à certaines décisions esthétiques liées aux costumes. Le travail s’est développé autour de quelques éléments polyvalents : des chaises en papier mâché inspirées de créatures hybrides, des boîtes-conteneurs pour les marionnettes et un chapeau lumineux autonome. Les formes, les matières et les couleurs, dans des tonalités translucides de vert, bleu et rose inspirées de textures reptiliennes, marines et phosphorescentes, dialoguaient avec les vidéos et la lumière. Le maquillage, élaboré à partir des mêmes références visuelles, explorait également des effets brillants et translucides. Marlène a apporté un regard extérieur précieux dans le développement esthétique global du projet.

CRÉATION SONORE

Dès l’entrée, le public traverse un espace d'archives sonores qui prépare le voyage. Au cœur de la pièce, se déploie un univers sonore immersif où le vrombissement d'un avion, des voix et le tumulte des eaux se frictionnent à l'écho des cris des marchands de rue latino-américains. Le son s'altère pour faire ressentir la désorientation : la mélancolie des boleros et de morceaux comme « Faltan cinco pa’ las doce » surgit comme un vestige de la mémoire, tandis que l'une des marionnettes chante à voix blessée « Si te contara » de Ricardo Ray. Ce paysage acoustique dessine une cartographie de la mémoire politique de la migration. À l'instar de la communauté portoricaine à New York, cette mémoire a marqué l'histoire de la fête, du plaisir et de la revendication à travers des figures emblématiques (Richie Ray & Bobby Cruz, Héctor Lavoe, La Lupe). La proposition explore le syncrétisme des Orishas avec Celina & Reutilio (« Santa Bárbara ») et réveille les mémoires de l'exploitation coloniale à travers « Moliendo Café ». Issu d'un laboratoire organique avec la DJ et curatrice musicale Anita Kirppis, ce travail réactive les sonorités de l'espace public et de la fête avec lesquelles nous avons grandi. Ici, la musique accompagne la pièce pour devenir espace de retour, de jouissance et de résistance.